jeudi 3 novembre 2016

Digressions sur le totalitarisme

 I. - La révolution totalitaire



C'est une hypothèse qui me turlupine depuis longtemps. Mais ce n'est qu'une hypothèse, et je n'ai pas vraiment les compétences pour l'étudier ou même l'exposer comme elle le mériterait. Je me souviens qu'en cours d'histoire on nous apprenait - et on continue sans doute de le faire aujourd'hui - que la Révolution Française pouvait être interprétée comme la prise de pouvoir de la classe bourgeoise. Devenue très puissante, très riche au cours des siècles de la Renaissance et des Lumières européennes, qui ont vu les marchands et les voyageurs devenir des fabricants et des entrepreneurs, comme les Fugger d'Augsbourg, qui finançaient déjà les "campagnes électorales" des empereurs au début du 16e Siècle, il manquait un certain nombre de lois et de libéralisations d'ordre économique à leurs pleins pouvoirs, que les révolutions de la fin du 18e Siècle ont - après une période de latence - permis d'instaurer.

C'est cette période de latence qui peut donner à penser...

Admettons un instant que les "révolutions totalitaires" du 20e Siècle ont permis de porter au pouvoir une nouvelle classe sociale, plus précisément cette petite-bourgeoisie bureaucratique que l'on a vu à l’œuvre dans les régimes autoritaires. Si les marchands voyageurs de la Renaissance ont mis un certain temps à se transformer en industriels capitalistes, qui allaient supplanter l'aristocratie européenne à la tête des affaires, quelle pourrait être l'origine et quel serait le destin de cette nouvelle caste bureaucratique et gestionnaire ?